• L'un l'autre

    Peter Stamm

    C'est la fin de l'été dans une petite bourgade suisse. Une famille heureuse rentre de vacances en Espagne. Astrid, Thomas et leurs deux enfants s'apprêtent à reprendre le cours d'une existence paisible. Rien ne laisse présager le départ de Thomas dans la nuit.
    Commence alors pour lui une longue errance dans les montagnes, vers une autre vie. Les heures, les jours passent.
    La police est avertie et commence, malgré le peu d'éléments dont elle dispose, son enquête. Si les enfants ne paraissent pas prendre la mesure des événements, la disparition de Thomas plonge Astrid dans un profond désarroi qui prend la forme d'un déni, d'un espoir insensé. Elle attend que son mari rentre car, elle en est persuadée, il reviendra.
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  • Un homme - appelons-le le narrateur - donne rendez-vous à une femme prénommée Lena dans le grand cimetière de Stockholm. Cette femme est une inconnue (nous apprendrons plus tard qu'elle est comédienne et a joué Mademoiselle Julie au théâtre), mais elle rappelle intensément au narrateur la jeune femme dont il a été très amoureux il y a une vingtaine d'années. Cette dernière s'appelait Magdalena, était aussi comédienne et elle aussi avait joué Strindberg. Après leur rupture, le narrateur a écrit un livre sur les trois années qu'ils ont vécu ensemble et il veut en donner les détails à l'inconnue de Stockholm.
    Lena accepte de l'écouter, mais se moque des similitudes qui lui semblent forcées entre sa vie et celle de Magdalena, invoquant à chaque détail troublant une coïncidence et ne cessant de répéter qu'elle ne peut être Magdalena puisqu'elle a vingt ans de moins.
    Ce récit de Peter Stamm, ciselé en 37 petits chapitres et dont le titre rappelle « la tendre indifférence du monde » évoquée par Camus à la fin de L'Étranger, est d'une vertigineuse intelligence. Tout en conservant sa part épique qui n'en fait pas un livre sec, cette réflexion sur les confusions de la vie, les obsessions de l'existence, la portée de la littérature, la différence entre le vécu et le récit qui en est fait, frôle sans cesse les abîmes sans jamais tomber dans la confusion, encadré qu'il est par deux chapitres qui mettent encore ce kaléidoscope en perspective. Poursuivant la recherche sur la vérité et l'imaginaire et le jeu avec la réalité initiée dans L'un l'autre, Peter Stamm nous donne un livre diablement virtuose.

  • Agnès

    Peter Stamm

    Dans la salle de lecture surchauffée de la bibliothèque municipale, ils ont échangé leurs premiers regards. Puis, autour d'un café, leurs premiers mots. II est suisse et fait des recherches sur les wagons de luxe américains. Elle est américaine, étudiante en physique et rédige sa thèse de doctorat. Ils dînent ensemble, partent en excursion dans les forêts environnantes, visitent les musées. Un jour, Agnès lui demande d'écrire un portrait d'elle. Soir après soir, il se prête à ce qui n'est au début qu'un jeu. Mais, peu à peu, leur vie se conforme aux aléas du récit, au risque que celui-ci prenne le pas sur la réalité. "Qu'est-ce qui relie les êtres entre eux ? Peter Stamm a écrit un premier roman cérébral et singulier. Une réflexion sur les mystères de l'amour. Un voile soulevé dans un bruit de déchirure. Agnès raconte la mort de l'innocence".

  • Un petit village du nord de la Norvège, envahi les trois quarts de l´année par la nuit polaire. Ici vit Kathrine, employée des douanes. Elle a vingt-huit ans, un enfant d´un premier mariage. Jour après jour, elle contrôle les chalutiers qui viennent décharger leur pêche au port. De temps à autre, le soir, elle va boire une bière à l´Elvekroa, l´unique pub du village. Parfois, rompant la monotonie des jours, elle chausse ses skis de fond et va rendre visite au gardien du phare.
    En secondes noces, elle épouse Thomas, chef de production à la conserverie locale : un bon parti. Et puis elle fait une découverte, qui la blesse profondément. Elle s´enfuit, monte à bord du Polarlys, part vers le Sud...
    Avec des mots simples, nus, élaborant une sorte d´alphabet mélodique, Peter Stamm nous introduit par touches, par une suite aléatoire d´esquisses, au coeur de l´univers de Kathrine. Un livre sur la solitude, la fragilité de l´amour, la douleur de vivre et les illusions perdues.
    Après Agnès et Verglas, Paysages aléatoires est le troisième roman de Peter Stamm.

  • Ils sont cadres dans des banques, étudiants, mères de famille ou retraités. Des gens ordinaires qui vivent à New York ou quelque part en Suisse, vont travailler à Londres ou à Riga, se croisent dans un bar où l'on joue du fado à Lisbonne. Tous sont gagnés par le train-train quotidien. Aussi banales que leurs existences puissent sembler, c'est pourtant à ces personnages que Peter Stamm donne la parole au fil de ces onze nouvelles.
    On écoute ainsi Henry, l'ancien vacher devenu cascadeur qui sillonne le pays en rêvant de rencontrer une femme ; la Danoise Inger, qui rejette sa vie étriquée et prend la route de l'Italie ; Regina, si seule dans sa grande maison depuis le départ des enfants et la mort de son mari, qui découvre à nouveau le monde grâce à l'ami australien de sa petite fille et rêve d'un nouveau voyage. L'écriture épurée de Peter Stamm exprime leur désespoir sans éclats, en douceur, dans des petits gestes, des répliques désarmantes de dérision et d'infinie tendresse.
    Là où la vie hésite, où rien n'est encore joué, est près de basculer. Tous ces personnages deviennent alors exceptionnels.

  • « Le narrateur et ses protagonistes semblent incapables d'ouverture à l'autre. Aussi subit que le verglas au matin, un réflexe qu'ils ne maîtrisent pas arrête le geste secourable. Incapables de s'impliquer ils se murent dans la solitude. Ce mal reste inexpliqué. Mais dans une prose forte et d'une égalité sans faille, son mystère donne aux personnages une présence insistante. Ils sont de notre temps, et leur ressemblance inquiète. » (Wilfred Schiltknecht, Le Temps) « Peter Stamm fait partie de cette génération d'écrivains qui ne pratiquent qu'un style dépouillé, sobre, où chaque mot compte. Dans ces neuf nouvelles, le narrateur se trouve en Suisse, à New York, en Suède, sur une île hollandaise ou en Italie. A partir d'une situation toujours banale, Peter Stamm introduit une atmosphère un peu étrange, si bien que l'on aborde chaque texte avec curiosité. » (Martine Silber, Le Monde)

  • Une famille suisse s'échoue sur une île déserte. Seuls survivants d'un naufrage, ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette, mais aussi domestiquer des animaux sauvages, cultiver des champs et construire toutes sortes d'outils, de bateaux et de cabanes. Au fil des années, ils font de cette île sauvage un petit paradis. Dix ans plus tard, ils y rencontrent une jeune Anglaise naufragée, Miss Jenny. Un navire aborde finalement dans l'île et la famille doit choisir : rester ou tout abandonner et rentrer en Europe...

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  • Dans ce recueil, Peter Stamm propose dix nouvelles - genre dans lequel il excelle. Toutes sont situées dans le Seerücken, la région de naissance de Peter Stamm, qui borde le lac de Constance au sud.
    D'une écriture simple et concise, Peter Stamm dresse un portrait de la vie contemporaine par petites touches teintées d'humour, d'humanité et d'honnêteté. Par des situations simples et de brefs dialogues, il parvient à transmettre des réflexions éclairantes sur le mode de vie moderne et les relations qu'il entraîne entre les individus. Contrastant avec les environnements souvent aliénants qu'il décrit, Peter Stamm s'attache la vie intérieure de personnages qui se battent pour (re)prendre le contrôle de leur existence, en finir avec la solitude, la peur, l'échec et la perte qui les assaillent - bien qu'ils sachent aussi par moments profiter de brefs instants d'apaisement de bonheur. À cet égard, les nouvelles de Peter Stamm capturent quelques pensées et événements flottants au sein d'existences en perpétuel état de tension et d'incertitude. À l'image d'instantanés photographiques, elles cadrent un moment de vie sans jamais imposer de jugement ni offrir de résolution définitivement fermée.
    Parmi les nouvelles présentées de ce recueil, on trouve entre autres :
    Les estivants :
    Un chercheur en littératures slaves part s'isoler pour quelques jours dans un vieux palace art nouveau perdu dans la montagne afin d'y remanier son récent exposé sur Les Estivants de Gorki pour le publier. Il est accueilli par une employée qui lui demande de régler d'avance sa note en argent liquide. Il s'aperçoit alors que la demeure est privée d'eau et d'électricité mais décide de rester, comme envoûté.
    Un jour, arrive un administrateur judiciaire accompagné d'un acheteur éventuel de l'hôtel. La femme disparaît alors mystérieusement, au point qu'il se demande si elle a réellement existé ou n'est qu'un fantôme, un fantasme né de son cerveau.
    Un conte fantastique qui fait penser à Edgar Poe, ou aux premiers films de Polanski.
    L'ordre des choses Niklaus et Alice décident de passer leurs vacances en Toscane, près de la mer. Mais tandis que Nikaus n'aspire qu'à se reposer sur la plage, Alice souhaite fuir la foule pour visiter les musées ou goûter les spécialités culinaires. Leurs vacances débutent ainsi sous le signe du désaccord jusqu'à ce qu'une famille d'Allemands s'installe dans la villa attenante. Si les cris des enfants les insupportent au départ, l'observation de la mère de famille réveille le désir de Niklaus qui se rapproche de sa femme. Mais au moment où la situation semblait sur le point de se pacifier, un drame dans la famille voisine vient balayer cet instant de tendresse.
    Le Repas du Seigneur Reinhold se réjouissait d'administrer une nouvelle paroisse au bord du lac de Constance. Mais il peine à établir des relations amicales et bienveillantes avec les gens du village peu réceptifs au bouleversement des rituels religieux qu'il propose (remplacer les hosties par du pain, le vin par du jus de raisin.). Un dimanche, tandis que sa femme a renoncé à l'accompagner pour ne pas affronter l'hostilité des fidèles, il se rend à l'église pour la trouver. vide. L'affront est tel que, sur un coup de folie, il se met à donner les hosties à manger aux mouettes.
    Dans la forêt Adolescente, Anja, fuit la maison familiale où ses parentes alcooliques ne cessent de se disputer et se réfugie dans la forêt voisine. Elle y vivra trois ans, dissimulée sous une cabane de branchages, dans une solitude extrême, mais paisible, tout en continuant à aller au lycée.
    Adulte, elle tourne la page, se marie et devient mère de deux enfants. Mais cette nouvelle vie ne la comble pas. Elle se referme peu à peu sur elle-même, le souvenir de la forêt consolatrice et de ce passé enchanté ressurgit et la hante.
    La valise Un vieil homme va rendre visite à l'hôpital à sa femme sui vient d'avoir un infarctus. Il lui prépare une valise, chaque objet qu'il saisit lui remémorant un moment heureux de leur vie commune. Arrivé en salle de réanimation, il se rend compte de l'inutilité de son geste : tout lui est étranger, jusqu'au corps de sa femme relié à des appareils, qui lui paraît déjà lointain, presque dans un au-delà où il n'a pas sa place, où leur relation est niée. Il repart avec la valise, reprend le train duquel il descend non pas à sa station habituelle, mais au terminus. Dans cette ville inconnue, il marche, passe une nuit à l'hôtel. La valise devient peu à peu le substitut de sa femme, désormais absente.
    Sweet Dreams Simon et Lara viennent de se marier. Ils semblent comblés, décorent leur appartement, rentrent chaque soir ensemble par le même bus en se racontant leur journée de travail. Mais cela sera-t-il suffisant pour remplir leur vie ? C'est par une pirouette stylistique que Peter Stamm nous invite à suivre les doutes de ce couple en devenir, s'introduisant lui-même en personne dans le récit. L'auteur se trouve ainsi dans le même bus que le couple. Il se rend à une interview pour la télévision régionale où il expliquera que ces deux jeunes qu'il vient de croiser lui ont donné l'idée d'une histoire. dont il ne connaît pas encore la fin.

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  • Sept ans

    Peter Stamm

    Alex et Sonja se connaissent depuis plus de vingt ans. Ils se sont rencontrés à la faculté, lors de cours d'architecture. Dans un premier temps, ils étaient de simples camarades d'université. À la fin de leurs études, ils sont partis ensemble en voyage à Marseille pour voir la Cité radieuse de Le Corbusier. À leur retour, ils formaient un couple à qui tout semblait devoir réussir. Sonja est jolie, intelligente, entreprenante, confiante en l'avenir. Tenace, elle sait tenir bon dans les situations difficiles et ne renonce pas facilement. Pour elle, l'architecture est une vocation, une mission qui doit lui permettre de rendre le monde meilleur. Ambitieuse, elle apparaît comme la compagne parfaite pour Alex. Ils travaillent ensemble dans un cabinet d'architectes à Munich et, bien qu'elle occupe la place la plus créative, ils semblent avoir construit un équilibre de vie harmonieux. Un soir cependant, Alex rencontre Iwona, une Polonaise de deux ans plus gée que lui. Elle travaille dans une librairie religieuse. Elle a beau être relativement terne et austère, Alex se trouve étrangement attiré par elle. Il est difficile de comprendre ce qui peut lui plaire en cette femme en dehors du fait qu'elle est l'exacte opposé de Sonja. Leur relation semble totalement improbable. Alex lui-même ne saurait expliquer son attirance. Pourtant, il se sent bien plus vivant aux côtés d'Iwona que de Sonja. Il ne cesse de la revoir et, lorsqu'elle tombe enceinte de lui et que naît l'enfant que Sonja désirait tant pour elle, il remet tout en jeu.
    À sa façon à la fois laconique et passionnée, Peter Stamm restitue comme nul autre les contradictions sentimentales et les aspirations divergentes de la vie.
    Sept années est un grand roman sur les exigences et les contraintes qu'implique la recherche du bonheur.
    Peter Stamm est né en 1963 en Suisse. Après des études de commerce, il a étudié l'anglais, la psychologie et la psychopathologie. Il a longuement séjourné à Paris, New York et en Scandinavie. Depuis 1990 il est journaliste, et écrivain. Il a rédigé des pièces pour la radio, des pièces pour le thétre et a collaboré à de nombreux ouvrages. Il est, depuis 1997, rédacteur en chef du magazine Entwürfe für Literatur. Il a obtenu en 1998 le Rauriser Literaturpreis pour son premier roman, Agnès. Il vit actuellement à Winterthur.
    " Un homme partagé entre deux femmes : ce thème n'a rien de nouveau. Mais Peter Stamm le traite de façon réellement innovante. Le choix n'est pas aussi convenu qu'il pourrait l'être à faire entre une sainte et une débauchée, mais plutôt entre une femme relativement diaphane et une femme de pouvoir. " (Martin Ebel, Tages Anzeiger) " Peter Stamm est un raconteur d'histoire. Il a trouvé un ton qui résonne sans conteste dans nos oreilles. " (Rainer Moritz, Die Welt) " Peter Stamm n'a jamais été plus profond et moins prévisible que dans cet excellent roman. " (Frankfurter Rundschau) " Pour Le Corbusier, l'architecture est réussie lorsqu'elle produit un jeu entre ombre et lumière. Les ombres et les lumières doivent révéler les formes. Dans son nouveau roman, Peter Stamm opère avec succès un jeu de cet ordre. Ce qui s'apparente d'abord à un triangle amoureux classique (un homme marié a une maîtresse, dont il ne parvient pas à se séparer), prend une autre dimension du fait du regard porté par l'auteur qui ausculte les doutes et les préoccupations les plus intimes de ses personnages. Ce faisant, il ne se contente pas de juxtaposer trois biographies, trois parcours totalement séparés, mais souligne les croisements, les liens, les correspondances entre l'amour et le bonheur. Il met au jour les doutes, les peurs, les mensonges de ses personnages dont la douleur transparaît à la lecture. " (Sandra Kegel, Faz.net) " Alexander, le héros de votre roman Sept années, vit avec sa femme Sonja. Elle est joli, talentueuse, ce qui, pour des yeux extérieurs, devrait le rendre heureux. Sans rien dévoiler, on peut dire que ça ne suffit pas. Du moins a-t-il une amante, Iwona, une femme relativement peu attirante, plutôt terne, qui mène une vie très simple. Pour le lecteur, cette aventure qui prend des allures d'amour fou, est surprenante. Est-ce le cas aussi pour vous ?
    La relation avec la modeste Iwona était le point de départ de l'histoire. Ce qui m'intéressait était le pouvoir qu'un être humain peut avoir sur nous quand il nous aime. Ce qui relie Alex et Iwona n'est pas tant l'attirance physique que la façon dont ils se dévouent sincèrement l'un à l'autre. J'ai emprunté cette thématique à la pièce de Witold Gombrowicz, Yvonne, princesse de Bourgogne, dans laquelle le prince, sous l'effet d'un étrange dégoût, se lit à une femme assez laide qu'il préfère à la sienne. A partir de ce moment, il ne parviendra pas à s'en débarrasser car, comme il le dit, elle est en elle. C'est aussi de cette pièce que j'ai tirée les noms de mes personnages. J'ai remarqué qu'il était difficile de créer un personnage peu attirant. La laideur est très difficile à définir et a plus à voir avec le caractère qu'avec l'aspect extérieur. D'une façon un peu complexe, Iwona est bien attirante. Il fut pour moi étonnant, et même surprenant, de voir comment l'histoire s'est développée. Peut-être justement parce qu'elle est si peu attirante, Iwona développe un attachement très fort. Pour atteindre son but, elle est prête à tous les sacrifices. La façon dont elle gère sa grossesse est par exemple plutôt choquante.
    Et qu'en est-il de l'amour ? Y a-t-il de l'amour ? Iwona et Sonja répondent à différents devoirs, différents désirs.
    Bien sûr qu'il y a de l'amour. Mais il y aussi toujours un mélange d'autres sentiments. L'amour qui lie Alexander à Sonja à plus à voir avec l'amitié, avec la ressemblance, la compréhension, l'orgueil et, plus que tout, la sécurité. La relation avec Iwona est plus compliquée. Elle a à voir avec la puissance, le dévouement, la possession aussi bien que la dépendance. Elle est essentiellement physique et pour cela même imprévisible. Mais Alex n'est pas seulement celui qui aime ; il est aussi celui qui est aimé. Les femmes ont différentes attentes, auxquelles il doit répondre. A un moment du livre, il dit qu'il a le sentiment qu'il ne sait pas comment s'y prendre avec elles.
    Long de 300 pages, Sept années est votre roman le plus ambitieux. Vous êtes plutôt connu comme un maître du minimalisme. Avec vous, il n'y a jamais une phrase ou un adjectif en trop. D'où deux questions : le thème de votre nouveau roman exigeait-il une forme pus longue ? Et : en quoi l'écriture de ce roman est-elle différente ?
    Mes précédents romans étaient plus intimistes. Ils se déroulaient sur une période limitée et ne requéraient pas autant de temps, souvent seulement quelques mois, pour être racontés.
    Mais pour pouvoir comprendre Iwona, il faut prendre plus de temps pour l'observer. De même, le couple Alex/Sonja nécessite un temps plus long pour se mettre en place.
    Mes autres romans se déroulaient dans un présent indéfini. Dans Sept années, pour la première fois, j'ai intégré des événements historiques : la chute du mur, la mort de Karajan, la crise économique. L'épaisseur d'un texte n'a rien à voir sa longueur. 50 pages peuvent paraître terriblement longues tandis qu'un millier peuv sembler trop court. Plus un roman est long, plus il est difficile cependant de prendre de la distance par rapport au texte et d'y introduire un ton relativement homogène. Comme pour la construction d'un édifice, l'équilibre est plus difficile à trouver pour un texte long. De plus, le fait que l'histoire survole 18 ans rend le travail d'autant plus dur. Les personnages doivent se mettre en place et endurer une subtile transformation, ne serait-ce que le fait qu'au début du livre Alex fume des cigarettes et qu'à la fin il fume des cigarillos. Il faut être attentif à des choses aussi banales comme le moment où l'Euro est apparu ou bien le moment où tel disque a rencontré un grand succès. " Du même auteur chez le même éditeur Agnes Comme un cuivre qui résonne d'etranges jardins paysages aleatoires Un jour comme celui-ci verglas Du même auteur chez le même éditeur dans la collection " Titres " Agnes verglas PAGE 1

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  • Elle s'appelle Gillian, elle est belle, elle a du succès, elle est aimée. Mais le début du livre renvoie toutes ces phrases au passé, y compris la première. Est-elle en effet encore Gillian au moment où débute le roman ? N'a-t-elle pas tout perdu, jusqu'au reflet d'elle-même ?
    Une nuit, au retour d'une soirée trop arrosée, après une dispute, Gillian et son mari Matthias, qui travaillent tous deux pour la télévision, ont un accident de voiture en heurtant un chevreuil sur une petite route qui traverse la forêt. Matthias, qui conduisait, meurt sur le coup. Gillian se réveille à l'hôpital et découvre qu'elle n'a plus de visage. Toute la belle façade s'écroule, tout ce qui faisait sa vie a disparu. Gillian doit subir plusieurs opérations de chirurgie plastique. Elle qui était toujours entourée, admirée, sollicitée, découvre la solitude et l'absence de vraie amitié. Même sa mère n'ose plus aller la voir. Pour Gillian, les jours deviennent des nuits.
    Après cette première partie, Peter Stamm fait un saut en arrière et raconte la rencontre entre Gillian et Herbert, un artiste qui peint des nus à partir de photos. Croisé sur un plateau de télévision, il finit, après quelques échanges de mails, par photographier et peindre Gillian nue dans son atelier. Ce sont en fait les photos de ce travail qui ont déclenché la dispute fatale avec Matthias. Ce dernier avait en effet découvert par hasard la pellicule dans un tiroir du bureau de Gillian et l'avait faite développer. Outre un fort sentiment de culpabilité, Gillian en retire l'idée que l'art peut tuer - mais aussi la conviction que sa vie n'était jusque-là qu'une simple mise en scène fondée sur les apparences.
    La troisième partie nous emmène sept ans plus tard. Herbert traverse une crise existentielle. Incapable de peindre depuis plusieurs années, il a finalement accepté un poste de professeur aux Beaux-Arts. Un jour, il reçoit l'invitation d'une fondation culturelle dans les montagnes de l'Engadine, qui lui donne carte blanche pour faire une exposition. Après de longues hésitations, il finit par accepter, d'autant plus que sa compagne, avec qui il a un petit garçon de sept ans maintenant, vient de le quitter. C'est là qu'il retrouve Gillian qui, après sa guérison, a fui le monde des médias et a trouvé un travail d'animatrice culturelle, loin de la ville et de ses attraits, dans le centre de loisirs qui jouxte la fondation culturelle. Peter Stamm est trop bon romancier pour confier cette rencontre au hasard : c'est en fait Gillian (qui se fait désormais appeler Jill) qui a convaincu le directeur du centre culturel d'inviter Hubert et de lui proposer de faire une exposition. Si tous les jours sont des nuits quand l'amour disparait, les nuits peuvent devenir des jours quand le bonheur d'être ensemble est là, pour reprendre les dernières lignes du sonnet de Shakespeare mis en exergue au début du livre. Mais Peter Stamm sait aussi éviter les pièges des réconciliations prématurées - c'est le prix de la liberté de ses personnages qui ne réagissent pas toujours comme on l'attend. Ici, la vie n'est pas un songe, elle est un jeu dont on doit maitriser les règles pour ne pas se faire rejeter. Mais dont on peut aussi rejeter les règles, si on en a le courage.
    Peter Stamm écrit comme on compose un patchwork, mêlant par assemblage de phrases courtes, des éléments parfois très dissemblables (souvent des notations psychologiques et des détails apparents ou bien des sensations physiques et des sensations mentales) qui, avec le recul, composent sans pathos la densité d'une histoire à la fois ordinaire et hors du commun, dans la mesure où la banalité des gestes et des pensées retrouvent mystère et intensité grâce à une prose discrète dont la simplicité et la naïveté apparentes sont d'une précision chirurgicale.
    Les personnages de Peter Stamm mettent ici en scène la possibilité de changer de vie après une brusque catastrophe ou même simplement une banale vie d'ennui et d'erreurs. Ainsi, après son accident et le deuil une fois surmonté, Gillian ne se laisse pas écraser par le chagrin, le regret, le remords : elle accepte la perte et tente de construire une nouvelle existence sur des valeurs qui ne sont désormais plus extérieures à ce qu'elle est au fond d'elle-même. Il n'en sera peut-être pas de même pour Hubert qui, après de merveilleux mois passés avec Jill, semble prêt à se laisser de nouveau happer par l'habitude et le confort d'une vie qui n'est autre que la répétition annoncée de l'échec. Peter Stamm ne nous dit pas tout. Il n'a d'ailleurs jamais tout dit au fil de ce roman, mais beaucoup suggéré, et les harmoniques du possible vibrent encore longtemps dans notre mémoire, une fois le livre refermé.

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  • Allemand Seerücken

    Peter Stamm

    Peter Stamm erzählt ungeheuer kunstvoll und scheinbar so einfach von Leben, die nicht gelebt, die aufgeschoben, erinnert und schließlich verpasst werden. In lakonischen Sätzen und unauffällig stimmungsvollen Szenen findet er - leicht lesbar, aber schwer verdaulich - die kaum spürbaren Eruptionen, die sich im Rückblick als Erdbeben erweisen. Die Einsamkeit im gemeinsamen Urlaub. Ein verlassenes Hotel in den Bergen. Ein Mädchen im Wald. Ein Pfarrer, der die Vögel füttert. Die erste Liebe mit Gewicht. Peter Stamm zeigt sich auch in "Seerücken" wieder als Meister der Kurzgeschichte.

    Grand format 17.00 €
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  • Une vieille fille rêve de scènes d'amour torrides avec son voisin du dessus. La Heidi de notre enfance, revisitée avec humour, se rêve artiste peintre. Un jeune prêtre attend désespérément un signe du Ciel et découvre... la paternité. Captés dans leur instantanéité et leur infinie solitude, les personnages de Peler Stamm illuminent ce nouveau recueil de douze nouvelles où parmi une majorité d'anonymes, on croise aussi Camille Corot. L'écriture est si dépouillée, si simple qu'elle en devient magique. On n'est ni heureux ni malheureux chez Peter Stamm. On est.

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  • L'année scolaire touche à sa fin. Une autre année de la vie d'Andreas vient de s'écouler, monotone, entre ses cours d'allemand dans un collège en banlieue parisienne et ses aventures amoureuses convenues, quand le spectre de la maladie fait irruption. Si la mort venait le faucher là, demain,
    serait-il sûr d'être allé au bout de ses rêves ? Ne s'est-il pas fourvoyé en chemin, n'est-il pas temps de tout recommenceroe Andreas quitte alors Paris, abandonnant travail et maîtresses et, tournant le dos à vingt années de sa vie, part pour une quête de l'essentiel, à la recherche de lui-même et de
    son grand amour d'adolescent. Un Jour comme les autres est l'histoire d'une cavale entre la vie et la mort où Stamm aborde avec brio ses thèmes familiers : la peur de s'engager, l'angoisse de vivre, l'étrangeté au monde et la solitude.

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  • TO THE BACK OF BEYOND

    Peter Stamm

    Poche 14.90 €
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  • Grand format 18.80 €
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  • Anglais Seven Years

    Peter Stamm

    Alex has spent the majority of his adult life between two very different women--and he can’t make up his mind. Sonia, his wife and business partner, is everything a man would want. Intelligent, gorgeous, charming, and ambitious, she worked tirelessly alongside him to open their architecture firm and to build a life of luxury. But when the seven-year itch sets in, their exhaustion at working long hours coupled with their failed attempts at starting a family get the best of them. Alex soon finds himself kindling an affair with his college lover, Ivona. The young Polish woman who worked in a Catholic mission is the polar opposite of Sonia: dull, passive, taciturn, and plain. Despite having little in common with Ivona, Alex is inexplicably drawn to her while despising himself for it. Torn between his highbrow marriage and his lowbrow affair, Alex is stuck within a spiraling threesome. But when Ivona becomes pregnant, life takes an unexpected turn, and Alex is puzzled more than ever by the mysteries of his heart.Peter Stamm, one of Switzerland’s most acclaimed writers, is at his best exploring the complexities of human relationships. Seven Years is a distinct, sobering, and bold novel about the impositions of happiness in the quest for love.

    Poche 19.80 €
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  • Anglais On a Day Like This

    Peter Stamm

    Andreas returns to his hometown in Switzerland to escape the monotony of his life in Paris and to rekindle a romance with his first love after his doctor reveals he may have lung cancer.

    Grand format 23.10 €
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  • Anglais 7 years

    Peter Stamm

    Alex has spent the majority of his adult life torn between two very different women-and he can't make up his mind. Sonia, his wife and business partner, is everything a man would want. Intelligent, beautiful, charming, and ambitious, she worked tirelessly alongside him to open their architecture firm and to build a life of luxury. But when the seven-year itch sets in, their exhaustion at working long hours coupled with their failed attempts at starting a family get the best of them. Alex soon finds himself kindling an affair with his college lover, Ivona. The young Polish woman who worked in a Catholic mission is the polar opposite of Sonia: dull, passive, taciturn, and plain. Despite having little in common with Ivona, Alex is inexplicably drawn to her while despising himself for it. Torn between his highbrow marriage and his lowbrow affair, Alex is stuck within a spiraling threesome. But when Ivona becomes pregnant, life takes an unexpected turn, and Alex is puzzled more than ever by the mysteries of his heart.


    Peter Stamm, one of Switzerland's most acclaimed writers, is at his best exploring the complexities of human relationships. Seven Years is a distinct, sobering, and bold novel about the impositions of happiness in the quest for love.

    Grand format 21.40 €
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  • Anglais We're flying

    Peter Stamm

    A follow-up to Seven Years presents an anthology of stories that employ the acclaimed Swiss author's use of direct prose, deceptively simple narratives and deep psychological insights into the existential dilemmas of contemporary life. Original.

    Poche 17.90 €
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  • Anglais ALL DAYS ARE NIGHT

    Peter Stamm

    Poche 14.80 €
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  • Une famille qui a la bougeotte, une famille bizarre, une famille nomade. Une famille comme on peut en rêver, chacun pour soi et tous ensemble, tous ensemble à la poursuite d'un rêve, du lieu idéal pour se poser, et qui cherche son bonheur sous chaque feuille, sous chaque climat, en haut, en bas, dans les maisons qui bougent avec le vent, qui roulent et qui chantent, qui se nichent dans un arbre ou sur le toit d'une église, dans un violon, dans la mer ou dans le froid. En cherchant partout le bonheur de vivre, on finit bien par le trouver, mais là où peut-être on l'attendait le moins: loin de l'extraordinaire, de l'extravagant, de l'imaginaire, dans une simple maison près de la ville.

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