Seuil

  • Trio

    William Boyd

    Dans la station balnéaire de Brighton, indifférents au tumulte du monde en cet été 1968, trois personnages sont réunis pour les besoins d'un film dans l'esprit des « Swingin' Sixties ». Tous ont une double vie.

    Talbot Kydd, producteur chevronné, affronte les embûches du tournage (réécritures du scénario, erreurs de casting, défection de l'actrice principale) et se demande comment faire son coming out. Anny Viklund, jeune beauté américaine à la vie amoureuse chaotique voit réapparaître son ex-mari, terroriste en cavale, et suscite l'intérêt de la CIA. Quant à l'épouse délaissée du metteur en scène, Elfrida Wing, autrefois saluée comme « la nouvelle Virginia Woolf » avec son premier roman, elle combat sa panne d'écrivain à grand renfort de gin tonic.

    À travers ces trois êtres désemparés et attachants, Boyd nous entraîne dans les coulisses de la duplicité et de la simulation, là où se trame le scénario de nos vies secrètes au détriment des apparences. Il nous livre un récit tendre et jubilatoire, qui restitue avec brio l'esprit d'une époque.

  • Cent ans de solitude.
    Epopée de la fondation, de la grandeur et de la décadence du village de macondo, et de sa plus illustre famille de pionnier, aux prises avec l'histoire cruelle et dérisoire d'une de ces républiques latino-américaines tellement invraisemblables qu'elles nous paraissent encore en marge de l'histoire, cent ans de solitude est ce théâtre géant oú les mythes, comme chez homère, cervantes ou rabelais. chronique universelle d'un microcosme isolé du reste du monde - avec sa fabuleuse genèse, l'histoire de sa dynastie, ses fléaux et se guerres, ses constructions et ses destructions, son apocalypse - " boucles de temps " refermée dans un livre oú l'auteur et le dernier de sa lignée de personnages apparaissent indissolublement complices, à cause de " faits réel auxquels personne ne croit plus mais qui avaient si bien affecté leur vie qu'ils se trouvaient tous deux, à la dérive, sur le ressac d'un monde révolu dont ne subsistait que la nostalgie ".


    " gabriel garcia marquez a atteint l'expression la plus parfaite et la plus pathétique de la solitude de l'homme sud-américain. " le monde " cent ans de solitude est un chef-d'oeuvre et certainement l'un des meilleurs romans latino-américains à ce jour. marquez a réussi non seulement un best-seller, mais un best-seller qui mérite son succès. " times.

  • Danse, danse, danse

    Haruki Murakami

    Quand le héros de La Course au mouton sauvage avoue son désarroi à l'homme-mouton qui a trouvé refuge dans le fantôme de l'Hôtel Dauphin d'Hokkaido, l'homme-mouton répond très clairement : danse, danse, danse.
    « Danse, danse, danse » dit l'homme-mouton tapi au coeur d'un étage fantôme de l'Hôtel Dauphin pourtant transformé en cinq étoiles où le narrateur essaie de retrouver ses marques.

    Alors, il danse, danse, danse entre cet irrationnel qui envahit son quotidien et une réalité non moins baroque avec pour seul ancrage les airs de jazz, la musique pop anglo-saxonne, les petits plats mijotés dans son coin cuisine, les vieux films américains.

    Il danse, danse, danse au rythme des filles passées, présentes et à venir, des glaçons qui tintent dans son verre de whisky, des insatisfactions d'un condisciple de lycée devenu star, des désarrois d'une très jeune fille déjantée, des problèmes existentiels en forme d'énigmes.

    Un livre compact et léger comme une bulle de savon prête à éclater sous votre nez avec impertinence.

  • Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 60 000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues pour ce seul titre, ça vaut bien une petite reprise en broché, non ? D'autant que Belfond nous talonne pour nous arracher cette figure montante de la littérature japonaise. Ami d'un jeune homme surnommé le Rat, un publicitaire assez banal, divorcé, vivant avec une femme dotée de très belles oreilles, voit son univers basculer parce qu'il a publié la photo d'un troupeau d'ovins dans un paysage de montagne. Parmi ces moutons, l'un d'eux aurait pris possession d'un homme pour en faire le Maître d'un immense empire politique et financier d'extrême droite. Or, le Maître se meurt. Menacé des pires représailles, le publicitaire doit retrouver le mouton avant un mois. Ce qui le mène de Tokyo à l'hôtel Dauphin de Sapporo, pour finir au fin fond d'une montagne encore plus au nord de Hokkaido. " Qui irait croire une histoire aussi loufoque ? " dit le Rat à son copain. Justement, dans les livres de Murakami, ce qui compte, ce sont moins les péripéties que les permanences : son amour du jazz, de la musique pop anglo-saxonne, des vieux films américains, de la cuisine (bien arrosée), son humour décalé et cet art inimitable de décrire de manière familière les pires extravagances.

  • Le monde selon Garp

    John Irving

    "Un romancier est un médecin qui ne s'occupe que des incurables." - S.T. GARP.

    Et depuis quarante ans, "nous sommes tous des incurables" lecteurs de Garp.

  • Alors qu'il pense avoir tué un policier à Madrid, Manuel s'exile dans un village abandonné. De citadin peu débrouillard, il devient ermite autosuffisant, parfaitement heureux de délaisser au fil des mois confort matériel et contacts humains. Jusqu'à ce qu'une famille nombreuse et bien peu discrète débarque chaque week-end, envahissant son havre de paix.

    D'abord horrifié, prostré dans son grenier de peur d'être découvert et livré aux autorités, Manuel passe à l'offensive : il lui faut faire fuir ces parasites abrutis par leurs gadgets technologiques et leur inculquer au passage une bonne leçon. Quel qu'en soit le prix.

    S'appuyant sur un savant mélange de pur comique, de satire politique et de critique acerbe, Les Dégueulasses s'attaque à tout ce que, selon Manuel, nous serions devenus : des fats englués dans le superflu ayant troqué l'essentiel contre une vie illusoire et misérable.

    Un récit rageusement lyrique, engagé et tout simplement beau.

  • Jim Carrey est une star de cinéma adulée. Il a beaucoup de succès, on envie sa réussite et ses privilèges. Mais il est très seul. Il commence à vieillir, il prend du poids. Il passe des nuits à chercher de l'affection auprès de ses chiens de garde entraînés par le Mossad et à regarder des documentaires improbables sur Netflix. Il a tout tenté pour sortir de sa déprime : les régimes, les gourous, et même les bons conseils de son cher ami, acteur et collectionneur de crânes de dinosaures Nicolas Cage.

    Rien ne va, jusqu'au moment où il croise la route de Georgie. C'est l'amour de sa vie, il le sait, il le sent. Charlie Kaufman, scénariste de Dans la peau de John Malkovich, lui propose alors un rôle dans un film d'un nouveau genre, un film qui repousse toutes les limites existantes et qui lui permettra sûrement de remporter un Oscar.

    On dirait que l'horizon s'éclaircit enfin...

    Mais l'univers a d'autres plans pour Jim Carrey...

    Mémoires flous est bien un roman, qui interroge la notion d'identité. Jim Carrey et Dana Vachon ont écrit un livre hilarant, démesuré, cataclysmique par moments, qui dresse un portrait en creux plus vrai que nature de Carrey l'acteur, et de Hollywood. Satire mordante de la société du spectacle, et « semi-autobiographie », Mémoiresflous est un roman inclassable, comme Jim Carrey !

  • La fin des temps

    Haruki Murakami

    Le narrateur, un informaticien de très haut niveau, apporte un jour sa collaboration à un vieux savant dont le laboratoire se situe dans les sous-sols obscurs d'un immeuble. Mission dangereuse, car des êtres maléfiques, les ténébrides, règnent désormais sur la vie souterraine de Tokyo. En guise de remerciement, le héros intrépide reçoit le crâne d'un animal intrépide, unicorne. Dès lors, il est entraîné dans une aventure terrifiante, en compagnie d'une adolescente plutôt ronde, mais charmante. Il découvre le rôle qu'il joue dans une colossale guerre informatique, mais il apprend aussi qu'il est engagé dans une entreprise sans retour. Ce récit en croise un autre, chapitres alternés : le narrateur est prisonnier d'une ville onirique, peuplée de licornes au pelage doré, et habitée par des hommes privés de mémoire et dépossédés de leur âme. Séparé de son ombre par les autorités de la ville, l'anti-héros est chargé de lire les rêves contenus dans les crânes des animaux morts entreposés à la Bibliothèque, où siège une jeune fille plutôt mince, mais charmante. Malgré les objurgations de son ombre, il choisira un exil sans retour.
    De même que son personnage flirte avec d'anodines jeunes filles, Haruki Murakami courtise le mythe - ce qui nous vaut une fable d'une prennante étrangeté.
    Ce roman a obtenu au Japon le prix Tanizaki.

  • 1961. L'espion britannique Alec Leamas et son amie Liz Gold trouvent la mort au pied du mur de Berlin.
    2017. Peter Guillam, fidèle collègue et disciple de George Smiley dans les services de renseignement autrefois surnommés « le Cirque », est tiré de sa retraite en Bretagne par une lettre de son ancien employeur, qui le convoque à Londres. Pourquoi ? Ses activités d'agent secret pendant la guerre froide le rattrapent. Des opérations qui firent la gloire du Londres secret vont être minutieusement décortiquées par une nouvelle génération qui n'a que faire des luttes menées jadis par les Occidentaux contre le bloc communiste. Quelqu'un doit payer pour le sang des innocents sacrifiés sur l'autel de l'intérêt général.

    Entremêlant le passé et le présent pour laisser chacun raconter son histoire, L'Héritage des espions est un roman éblouissant de virtuosité. Ultime hommage au héros indestructible George Smiley, il marque la consécration d'un écrivain prodigieux.

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  • A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
    Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.

  • Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n'est plus qu'une ruine fumante.
    Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s'interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ?
    Mais c'est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l'apparition d'une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.
    Tandis que l'hiver prend possession de l'archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu'à l'inimaginable dénouement.

    Après l'immense succès des Chaussures italiennes, auquel il fait suite, Les Bottes suédoises brosse le portrait en clair-obscur d'un homme tenaillé par le doute, le regret, la peur face à l'ombre grandissante de la mort ? mais aussi la soif d'amour et le désir ? , d'un être amené par les circonstances à revisiter son destin et à reprendre goût à la vie.
    Tel est l'ultime roman de Henning Mankell : une oeuvre d'une sobriété élégiaque et poignante, traversée et portée par la beauté crépusculaire des paysages.

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  • Dix ans après La Solitude des nombres premiers, un adieu à la jeunesse dans un bouleversant roman d'amour et d'amitié.

    Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s'appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d'à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l'ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l'unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n'hésitera pas, malgré l'opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d'une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l'image de la génération des années 90, tiraillée entre le besoin de transgression et le désir d'appartenance, mais entièrement tendue vers l'avenir, avide de tout, y compris du ciel.

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  • Elles sont trois : Véra, sa fille Nina, sa petite-fille Guili, soudées par les liens du sang et déchirées depuis des décennies par un terrible secret. Le jour du quatre-vingt-dixième anniversaire de Véra, célébré avec faste au kibboutz, Guili, brûlant de mettre au jour l'histoire de sa famille, décide de tourner un film sur sa grand-mère. Et voici les trois femmes embarquées pour un long voyage vers la Croatie natale de Véra et ses lieux de souffrance. Pendant leur périple, celle-ci livre pour la première fois le récit de son existence. Que s'est-il réellement passé, lorsqu'elle a été condamnée à trois ans de travaux forcés sur l'île-goulag de Goli Otok par la police secrète de Tito ? Et pourquoi, refusant de trahir la mémoire de son mari Milosz, exécuté comme espion stalinien, a-t-elle dû abandonner sa fille Nina, alors âgée de six ans, laquelle, jamais remise de la blessure, a abandonné plus tard sa propre fille, Guili ? C'est par la voix de cette dernière et l'écho de quelques autres que nous cheminons à rebours, sur les traces d'un destin tragique, à la croisée de ces moments de l'Histoire qui forcent les individus à faire des choix impossibles.

    Le douzième roman de David Grossman explore de façon magistrale les rapports mère-fille, la question du silence et de la transmission. Au fil des révélations, le livre nous emporte dans un crescendo qui culmine avec une rare intensité émotionnelle et s'achève avec grâce sur le pardon, dans un élan d'amour et de compassion.

  • Le dynamiteur

    Henning Mankell

    1911. Oskar Johansson a 23 ans. Dynamiteur, il participe au percement d'un tunnel ferroviaire et manipule des explosifs pour fragmenter la roche. Mutilé à la suite d'un grave accident du travail, il reprendra pourtant son ancien métier, se mariera, aura trois enfants, adhérera aux idéaux socialistes puis communistes. Au soir de sa vie, il partagera son temps entre la ville et un cabanon de fortune sur une île aux confins de l'archipel suédois.

    Un mystérieux narrateur recueille la parole de cet homme de peu de mots, qui aura vécu en lisière de la grande histoire, à laquelle il aura pourtant contribué, à sa manière humble et digne.

    Ce premier roman de Henning Mankell, écrit à 25 ans, et inédit en France à ce jour, se veut un hommage vibrant à la classe ouvrière, à ces millions d'anonymes qui ont bâti le modèle suédois. Par son dépouillement, sa beauté austère, son émotion pudique, Le Dynamiteur contient en germe toute l'oeuvre à venir de Mankell, sa tonalité solitaire, discrète, marquée à la fois par une mélancolie profonde et une confiance inébranlable dans l'individu.

  • À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une dernière mission : diriger le Refuge, une sous-station du département Russie où végète une clique d'espions décatis. À l'exception de Florence, jeune et brillante recrue, qui surveille de près les agissements suspects d'un oligarque ukrainien.

    Nat n'est pas seulement un agent secret. C'est aussi un joueur de badminton passionné. Tous les lundis soir dans son club il affronte un certain Ed, grand gaillard déconcertant et impétueux, qui a la moitié de son âge. Ed déteste le Brexit, déteste Trump et déteste son travail obscur. Et c'est Ed, le plus inattendu de tous, qui mû par la colère et l'urgence va déclencher un mécanisme irréversible et entraîner avec lui Prue, Florence et Nat dans un piège infernal.

    Avec Retour de service, John le Carré, en éminent chroniqueur de notre époque, livre un portrait du monde que nous habitons, glaçant, délicatement satirique et porté de bout en bout par une tension constante.

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  • Muni d'un carnet, d'une paire de ciseaux et de son smartphone, Antonio Muñoz Molina marche dans Paris, New York, Madrid, Lisbonne. Au fil de ses pérégrinations, des silhouettes surgissent tandis que d'autres s'esquivent et, soudain, au détour d'une ruelle, apparaissent Baudelaire, Edgar Allan Poe ou Fernando Pessoa.

    Les pages s'écoulent au rythme de la vie, tel un immense collage de tout ce que le promeneur voit et entend : affiches, prospectus, bruits omniprésents des conversations, vacarme de la rue. Animé par la tentation de tout écrire - ce qu'il a vécu, écouté, rêvé, souffert, aimé ou lu -, Antonio Muñoz Molina laisse courir la mine de son crayon et, sublimant les rebuts de notre civilisation avide et destructrice, compose « le grand poème de ce siècle ».

    D'une voix profondément ancrée dans le moment présent, cet éloge érudit de la flânerie nous invite à regarder et à écouter d'une autre façon, et à célébrer la variété du monde.

  • La taupe

    John Le Carré

    Londres au temps de la Guerre Froide. Il est devenu évident, sans contestation possible, que quelque part au plus haut niveau des services de renseignements britanniques se trouve un agent double : une «taupe» profondément installée dans leur texture même, depuis peut-être plusieurs décennies, par le Centre de Moscou.

    Et il est non moins évident que ce ne peut être qu'un parmi les cinq hommes : de brillants sujets, complexes, qui ont fait leurs preuves dans l'action, qui ont travaillé en étroite collaboration au long des années, qui se respectent et comptent les uns sur les autres - malgré les heurts de caractère, les différences de caste et de sensibilité, malgré l'impératif fondamental de leur profession : ne se fier à personne.

    C'est George Smiley, un des cinq, le plus brillant peut-être et le plus compliqué de tous, qui est chargé de débusquer la taupe et de la détruire.

    Peu à peu un palais d'illusion s'effondre, un mirage se dissipe. Presque avec nonchalance, à mesure que le roman s'achemine vers son stupéfiant dénouement, le Carré nous donne une vision totale du monde des services secrets. Avec, une fois encore, ce don incomparable pour évoquer les obscurs labyrinthes du monde de l'espionnage international.

    La Taupe est le premier volet de la «trilogie des Karla», l'oeuvre d'un témoin lucide et passionné de son temps, qui, mieux que bien des chroniqueurs professionnels, a eu l'art, en trois romans éblouissants d'intelligence, d'évoquer tout un pan de notre Histoire, celui de la Guerre Froide.

  • Nous sommes en Sicile, en 1860 : Garibaldi débarque à Marsala, la bourgeoisie en profite pour évincer l'aristocratie fidèle aux Bourbons. C'est sur cette scène que se tissent les rapports du prince Salina, astronome renommé, et de son neveu Tancrède, dont les noces avec Angelica, fille d'un parvenu, sanctionnent l'avènement des temps nouveaux. L'atmosphère pessimiste dans laquelle baigne ce grand roman historique dénonce, avec une authentique force lyrique, l'immobilisme d'une société consciente de son déclin. L'aventure éditoriale du Guépard est passionnante puisqu'il fut refusé par les plus grands éditeurs avant de devenir un des classiques de la littérature italienne. Le texte, publié après la mort de l'auteur par Bassani en 1958 ? et à partir duquel avait été faite la traduction française ? a été depuis corrigé à plusieurs reprises, pour donner lieu en 2002 à une nouvelle version supervisée par le neveu de Tomasi di Lampedusa, Gioacchino Lanza Tomasi ; établie sur le manuscrit que l'auteur avait corrigé peu avant de mourir, cette dernière édition est enrichie en appendice de matériaux autographes récemment retrouvés, tous liés à la rédaction de l'oeuvre, et d'une postface qui en raconte la gestation et les différentes étapes de la publication.

    En quelques mots : Une nouvelle traduction, oeuvre d'un des plus grands traducteurs de l'italien, rend justice à ce chefd'oeuvre de la littérature contemporaine. Si l'histoire du Guépard nous est connue, on découvrira ici un rythme, une écriture que la précédente version française avait allègrement adaptée.

    L'auteur : Giuseppe Tomasi, duc de Palma, prince de Lampedusa, a vécu jusqu'à soixante ans la vie d'un aristocrate sicilien de haute culture européenne. Un jour de 1955, il se mit à écrire un livre auquel il pensait depuis toujours. Le livre achevé, il mourut. C'était au printemps de 1957. En novembre 1958 paraissait Le Guépard, aujourd'hui traduit dans toutes les langues et partout avec un succès sans précédent. Visconti a adapté le roman au cinéma, et le film, Palme d'or au festival de Cannes, est l'un des sommets de son oeuvre.

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  • L'aveuglement

    José Saramago

    Un homme devient soudainement aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mises en quarantaine, privées de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappée par la «blancheur lumineuse ». Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l'humanité ? ces ténèbres désertées par l'humanité ?

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  • À la fin du XVIIIe siècle, deux membres de l'Académie royale d'Espagne sont mandatés par leurs collègues pour se rendre à Paris et en rapporter les 28 tomes de l'Encyclopédie, alors interdite dans leur pays. Le bibliothécaire don Hermógenes Molina et l'amiral don Pedro Zárate, hommes de bien intègres et courageux, entreprennent alors de Madrid à Paris un long voyage semé de difficultés et de dangers. Par des routes infestées de brigands, faisant halte dans des auberges inconfortables, les deux académiciens arrivent à Paris, où ils découvrent avec étonnement les rues de la capitale française, ses salons, ses cafés, ses librairies, ses moeurs libertines et ses agitations politiques. Mais très vite, leur quête de l'Encyclopédie se révèle d'autant plus difficile que l'édition originale est épuisée et qu'une partie de l'Académie espagnole, opposée à l'esprit des Lumières, a lancé à leurs trousses un espion chargé de faire échouer l'entreprise.
    Nourri de réalité et de fiction, habité par des personnages ayant existé ou nés de l'imagination de l'auteur, Deux hommes de bien est un merveilleux roman d'aventures et un éloge de ce qui fut la plus grande entreprise intellectuelle du XVIIIe siècle. Mais c'est aussi, dans la reconstitution minutieuse et passionnante d'un Paris prérévolutionnaire plus vivant que jamais, un hymne à l'amitié et un bel hommage à Don Quichotte d'un écrivain profondément épris de la France.

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  • Hiver 1964. En pleine guerre froide, aux confins de la Finlande, la dernière mission de l'agent Taylor chargé de récupérer une mystérieuse pellicule tourne au désastre. Son successeur échoue également. Le «Service», organe obscur des renseignements britanniques, décide d'en avoir le coeur net sur ce qui se trame en Allemagne de l'Est: l'installation d'une rampe de missiles soviétiques à portée de l'Ouest et le risque d'une nouvelle crise internationale? Ce sera l'opération Mayfly, où l'on croisera Control et Smiley, bien connus des lecteurs de le Carré, mais aussi Avery, véritable gentleman britannique, et Leiser, vétéran polonais de la Seconde Guerre mondiale qui prend son rôle au sérieux et aura peut-être à le regretter.

    Ce roman palpitant et burlesque, qui nous livre parallèlement une chronique sans complaisance de la société anglaise des années soixante, nous entraîne de la Scandinavie à l'improbable Kalkstadt, en Allemagne de l'Est. Ces hommes qui se battent pour leur patrie seraient-ils les dupes d'un miroir aux alouettes qui ferait de l'Angleterre une pièce maîtresse du grand jeu de l'espionnage?

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  • Q, l'oeil de Carafa Nouv.

    Anno Domini 1555 : soulèvements contre les empires, révolte contre la papauté, rebellions paysannes, hérésies... Dans cette Europe en pleine fermentation, un même espoir unit le rêve communautaire de Thomas Müntzer et les visions des anabaptistes : celui d'ouvrir une brèche dans l'alliance diabolique qui unit tous les Grands de ce monde, les rois, les papes et les « nouveaux » chrétiens de Luther.

    Au centre de toutes ces batailles et insurrections, dans cette foule d'illuminés, d'usurpateurs et d'esprits éclairés, un capitaine aux mille noms, ex-étudiant en théologie, et son ennemi, Q, oeil et espion du Grand Inquisiteur, le futur pape Carafa, se livrent un combat sans merci dans lequel tous les coups sont permis. De l'Allemagne à l'Italie, en passant par la Hollande et la Suisse, les deux antagonistes se poursuivent pour se retrouver à Venise, porte de l'Orient, et dévoiler enfin l'énigme de leur identité.

    Le talent des quatre auteurs mystérieusement dissimulés derrière le pseudonyme de Luther Blissett a été reconnu par d'innombrables lecteurs, qui ont fait de ce livre un nouveau classique du roman historique d'aventures. Publié dans 30 pays, ce fut le dernier acte de ce collectif subversif qui a disparu de la scène littéraire pour renaître sous le nom de Wu Ming, « sans nom », en chinois mandarin.

    Préface inédite de Wu Ming.

  • Une femme effrontément libre défie la société traditionnelle colombienne des années 1940 ; un vétéran de la guerre de Corée affronte son passé lors d'une rencontre en apparence inoffensive ; sur un tournage, un figurant s'interroge sur les émotions de Polanski... Neuf histoires, neuf vies radicalement bouleversées par la violence.

    Les nouvelles de Chansons pour l'incendie tranchent, dépècent, brillent comme le fil d'un couteau. Elles irradient cette lumière étrange des choses qui brûlent ou qui blessent. En Colombie, en Espagne, à Paris, à Hollywood, chacune révèle le jeu du destin, cette conjonction de forces incompréhensibles.

    La prose est rapide, élégante, elle transporte dans des territoires intimes. Seule forme capable de conter ces existences, les « chansons » de Juan Gabriel Vásquez confirment l'étendue de son talent, et sa profonde compréhension des êtres.

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